Apprendre à penser de façon juste …



C’est l’invitation lancée par Spinoza, philosophe du XVII° siècle. Plus de trois cents ans avant que la pensée unique se répande dans notre société, il nous conseille d’abandonner nos habitudes de pensée pour se reconnecter à soi.


Il souligne le caractère vain de ce qu’il nomme les biens ordinaires s’ils ne sont poursuivis que pour eux-mêmes : la richesse matérielle, les honneurs et les plaisirs sensibles. Mais, pour autant, Spinoza n’est pas un adepte de l’ascétisme et ne recommande donc pas de les délaisser totalement.


La raison permet de comprendre son propre désir. Il distingue ainsi le désir passif, celui qui n’est créé que par des impulsions extérieures - je vais devenir ingénieur pour faire plaisir à mes parents alors que j’aurais rêvé d’être médecin- du désir actif qui exprime la nécessité de ma nature. Le désirable a sa source en l’individu et lui est spécifique.

Dès lors, mon chemin, appelé conatus « effort » par Spinoza, est de me libérer des opinions extérieures, des croyances, des idées inadéquates « mutilées et confuses » et de m’interroger sur les valeurs qui me portent, sur ce qui s’impose à moi au-delà de ma volonté. C’est ainsi que je peux réaliser mon essence. Et que j’accède à la joie.


Le désir augmente ma puissance d’agir, il est « l’essence de l’homme », il est l’humanité même. Il apporte la joie. Dans la tristesse, je m’éloigne de mon désir, donc de moi-même.


Il convient donc de construire sa vie pour nourrir ses désirs. Etre libre, c’est s’autoriser à suivre des stratégies obliques plus fécondes, se laisser guider par ce qui m’interpelle.



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