La lettre et l’esprit


Les exemples sont nombreux. En voici deux :


- J’assistais à l’inauguration d’un nouveau musée en présence de personnalités politiques. Lorsque les discours furent terminés, les personnes se retournèrent pour sortir. Elles se heurtèrent alors au cordon de sécurité qui fermait la salle. Alors qu’un député s’impatientait et demandait l’ouverture, l’agent de sécurité lui répondit : « je ne peux pas ouvrir, on ne me l’a pas dit ».


- J’étais dans le hall de l’aéroport d’Orly. L’ensemble des sièges étaient occupés et je devais attendre près d’une heure. J’aperçus alors un petit salon réservé aux personnes à mobilité réduite. Il était vide et une vingtaine de sièges étaient disponibles. Je me dirigeais vers l’accueil et demandais à m’asseoir quelques instants m’engageant à me lever si des personnes handicapées arrivaient. Les hôtesses me répondirent que ce n’était pas possible. Alors que j’insistais, elles m’opposèrent la procédure qui ne prévoyait aucune exception !


Vous avez tous vécu des évènements tels ceux-ci dans de très nombreux contextes. Les êtres humains perdent toute faculté de décision et deviennent prisonniers de procédures ou d’ordres auxquels ils ne dérogeront sous aucun prétexte, par peur de représailles.


Est-ce vraiment le monde dans lequel nous avons envie de vivre ?


Faut-il se tenir rigoureusement au plus près et sans distance des règles, ou privilégier la remise en contexte, la recherche du sens au-delà des mots ? Dans la première attitude, le respect du texte risque de faire perdre de vue sa finalité, son sens. Il justifie tout comportement inadapté pour ne pas dire stupide. Voilà comment la lettre tue. Non pas parce qu’elle est mauvaise, mais parce que l’on en fait un usage qui oppresse, parce que l’humanité ne peut s’y insinuer, parce qu’elle interdit toute initiative.


À l’inverse, mettre l’accent sur l’esprit du texte ne consiste pas à prendre ses aises avec la lettre et à faire n’importe quoi. Mettre l’accent sur l’esprit du texte, c’est, d’abord, creuser la lettre. La creuser, sans s‘enfermer. Il faut au contraire creuser avec la liberté de savoir que toutes les situations de la vie ne peuvent être régies par des procédures.


Quel bonheur que celui de laisser l’autonomie à chacun, en fonction des circonstances, de pouvoir interpréter les textes avec discernement.


A partir de quand mener une mission à la lettre devient-elle une faute pour l’esprit ?


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