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Tout "conte" fait - Le dirigeant et le petit prince

 

Comme tous les jours j’étais assis à mon bureau, tout affairé aux multiples tâches que j’avais à gérer.

 

Soudain, percevant un léger bruit, je relevais la tête du dossier que je parcourais et à ma grande surprise je découvris le petit Prince, là, en face de moi. Je le reconnus tout de suite, tant son livre avait marqué mon enfance.

 

- Cela fait un moment que je t’observe et tu t’agites dans tous les sens. Tu appelles ta secrétaire, tu téléphones, tu tapes sur le clavier de ton ordinateur à toute vitesse. Tu es tellement accaparé qu’il a fallu tout ce temps là pour que tu m’aperçoives.

 

Je sentis un brin de reproche dans sa voie. Quant à moi, j’étais devenu muet. Imaginez-vous lever la tête de votre bureau et vous retrouver face au petit Prince ?

 

- Qu’est-ce que réussir pour toi ?

 

Je restais bouche bée. Il fallait bien que je m’avoue que je ne m’étais jamais posé la question.

 

- Ben, voyons. Tu ne vas pas me dire que tu t’agites en tous sens sans savoir pourquoi tu fais ça !

 

Me ressaisissant, ne voulant pas montrer ma faiblesse, je lui répondis :

 

- Je ne m’agite pas. Je fais des choses sérieuses, moi. J’ai des responsabilités. Je dois faire vivre des centaines de personnes.

 

- Tu confonds tout ! Tu ne réponds pas à ma question

 

Je dois avouer qu’il m’avait touché.

 

Il reprit :

 

- Quand as-tu pris du plaisir hier ?

 

Je devais bien reconnaître qu’entre les différentes réunions interminables que j’avais animées, la centaine de mails auxquels j’avais du répondre, le déjeuner avec un client ennuyeux, les parapheurs à signer, le rendez-vous avec mon directeur financier qui m’alertait sur la trésorerie, que ma journée n’avait pas été joyeuse. Je ne savais pas quoi répondre. Devais-je être sincère ? Il fallait bien avouer qu’il avait fait mouche. Il était là devant moi, les yeux grand-ouverts, ses cheveux dorés et il m’observait.

 

Je choisis de faire une réponse franche puis de faire une pirouette pour ne pas perdre totalement la face.

 

- La journée d’hier n’était pas passionnante mais c’est une exception.

 

Il semblait maintenant agacé.

 

- Comment veux-tu que tes équipes soient motivées si toi-même tu t’ennuies ? Comment veux-tu qu’elles soient performantes si elles ne prennent pas de plaisir ?

 

Il fallait un petit bonhomme en face de moi pour me faire regarder la réalité. Il avait tout à fait raison.

 

Puis il décida de s’acharner, comme pour me décider ensuite à me remettre en cause :

 

- Depuis quand n’as-tu pas innové ? Changé tes habitudes ? Regardé les choses avec d’autres lunettes ?

 

Là, il commençait vraiment à m’irriter. Mais je savais pourquoi !

 

- Nous avons un service recherche et innovation très actif.

 

- Ce n’est pas de ça dont je te parle. C’est de toi, de ta façon de travailler. Du regard que tu portes sur les gens qui t’entourent. De l’énergie que tu dépenses à t’oublier.

 

Je ne savais pas quoi répondre. Je me retrouvais face à moi-même, moi qui avais tout fait depuis des années pour éviter de l’être.

 

Il m’avait touché au plus profond de moi et même si cela était douloureux, je ne pouvais que lui en être reconnaissant.

 

Il décida de me quitter et de retourner sur son astéroïde B612. Et moi je décidais de me retourner sur moi-même.

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